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un enfant meurt dans une inondation à Yaoundé

Samedi 24 Janvier 2009 - 15:45:3


Yaoundé 23 janvier 2009, au quartier Tam Tam weekend, la famille T. est inconsolable, en effet, elle vient de perdre son fils de 11 ans emporté par des eaux provoquée par la grande pluie qui s’est abattue hier sur toute la ville de Yaoundé.

En effet, le jeune Norbert T, de retour de l’école avec ses camarades, a été emporté par les eaux sur le pont au niveau du quartier dit Tam Tam Weekend. Selon les témoignages recueillis auprès des parents et camarades, le jeune Norbert rentrait de l’école en compagnie de  ses camarades lorsque , voulant traverser la rivière gonflée par les eaux de pluie, il a trébucher au bord du pont et a été emporté par le courant d’eau. Après de longues recherches, c’est vers 20 heures que le corps sans vie de l’adolescent a été retrouvé non loin du lieu de la chute.  Comme en Afrique il n’y a jamais de mort naturelle, les mauvaises langues accusent un membre de la famille d’être à l’origine de cette triste situation.  Le Corps du jeune Norbert T. sera acheminé ce jour samedi 24 janvier dans son village balati par  Mbouda pour inhumation.

Le cas du jeune Norbert ne semble pas être la seule victime de la pluie qui s’est abattue à Yaoundé hier dans l’après midi, d’autres victimes ont été signalées au niveau de mokolo Elobi. Parlant exactement de cette pluie, la deuxième voire la troisième de cette année, elle suscite beaucoup d’interrogations auprès des camerounais en général et des yaoundéens en particulier qui maitrisent plus le climat camerounais. En général le mois de janvier constitue de un mois de grande sécheresse où les pluies sont presque inexistantes, mais l’année 2009 est entrain de montrer tout le contraire, certain se demandent si ce n’est pas l’annonce de la fin des temps. Wait en see comme disent les anglais.   

La presse camerounais en deuil

Vendredi 23 Janvier 2009 - 19:12:13


Vendredi 22 janvier 2009, il est environ 16h30  minutes , Au deuxième étage de l’immeuble des Editions CLE,  un groupe d’amis discutent  sur le thème qui est d’actualité à savoir l’investiture du tout premier noir à la maison blanche quand soudain, le téléphone portable d’une amie  journaliste retentit. A l’autre bout du fil, c’est son confrère journaliste qui lui apprend le décès subit de Richard Touna survenu quelques minutes avant.  A l’écoute de cette triste nouvelle, tout le groupe voulait se rassurer de  la véracité de la nouvelle et se demandait si  ce n’était pas le poisson d’avril bien que nous soyons au mois de janvier. Après des coups de fils aux   amis et  connaissances, c’est  finalement  l’un des reporters du journal  « repère » qui nous  confirme la triste  nouvelle. En effet, à 15 heures  30 précises, Richard Touna a rendu l’âme au centre hospitalier de la CNPS à Essos  où il avait été interné après un malaise survenu à l’ambassade des Etats unis où les hommes politiques et la presse avaient été invités pour l’investiture du président Barack Obama.

Il faut rappeler que le 16 janvier exactement, Richard Touna avait célébré le deuxième anniversaire du journal REPERE dont il était  le Directeur de Publication à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Ironie du sors le jour où il rendait l’âme,  ses confrères l’attendaient au même Hilton hôtel pour la modération d’une conférence  sur les douanes camerounaises.

Dans les années 90 , Richard Touna commence sa carrière de journaliste dans le journal Génération ensuite le Messager qu’il quitte en 2006 pour créer son propre  organe de presse à savoir  « Repère ». Cette amoureux de la plume n’a pas que fait  de la presse écrite, il a également fait la radio en travaillant à Radio Reine où il a occupé le poste de Directeur de l’information.

Richard Touna ,  amoureux du métier qui l’a beaucoup passionné  s’en va comme un soldat les armes à la main.  Que la terre de nos ancêtres lui soit légère.  

                                                                              Messé à Bessong Georges

MME MARTHE MOUMIÉ ASSASSINÉE, POURQUOI?

Mercredi 14 Janvier 2009 - 8:21:49


 


J'ai suivi avec stupeur, la nouvelle de l'assassinat de Mme Marthe Moumié. La nouvelle fait l'effet d'une bombe parce que Marthe Ekemeyong Moumié n'est pas n'importe qui dans les rangs du combat panafricainiste. Pendant près d'un demi siècle, elle a accomplit des tâches précieuses auprès des révolutionnaires tels Felix Roland Moumié qui fut son mari mais aussi auprès du révolutionnaire équato guinéen Anastasio Ndong. La dernière image que j'ai d'elle c'est celle de la Maison des Mines à Paris lorsque je modérais la conférence de présentation de son ouvrage intitulé : "Victime du colonialisme français, Mon mari Félix Moumié", publié aux éditions Duboiris. Elle était pleine de vie et toujours offensive contre le colonialisme : "c'est le Général De gaulle qui a tué mon mari", disait-elle. Alors qu'elle était rentrée dans son Ebolowa natal pour y couler ses derniers jours, le destin tragique a frappé. Elle a donc été étranglée, violée, tuée, mutilée, souillée. Même son cadavre a été tué et dissimulé puisqu'elle a été découverte presque en état de putréfaction avancée. Pourquoi une telle haine? Pour qui cette pauvre femme pouvait-elle représenter un réel danger? On sait qu'elle avait deux dernières passions à remplir avant d'aller rejoindre son mari : La première, faire la lumière sur la mort de Felix Roland Moumié afin que cela ne se repète plus. La seconde était de rapatrier les restes de son mari et l'enterrer dans sa terre natale le Cameroun. Doit-on mourir pour si peu?!


Pour le moment, contentons-nous de ce reportage de Jean Pierre SEH à Ebolowa


Marthe Moumié a été assassinée dans la nuit du 06 au 07 janvier 2009 à Ebolowa dans son domicile, veuve du nationaliste camerounais Félix Roland Moumié lui aussi assassiné à Genève par les services secrets Français en 1960 sous la direction de William Bechtel.
Cameroun-online / Vendredi 9 janvier


Et ce n’est que hier le 08 janvier que la nouvelle s’est ébranlée dans la ville d’Ebolowa.


Les populations du quartier Angalé à Ebolowa où vivait la défunte ont accouru, elles ont découvert l’image d’un corps sans vie de Marthe qu’elles n’oublieront pas aussitôt, car méconnaissable sur tous les plans.


Selon les voisins, Marthe Moumié vivait dans son domicile avec une fillette 9 ans environ, qui fréquente l’école primaire du quartier Angalé. Dans ce même domicile vivait aussi un jeune garçon à peine la trentaine, qui y était hébergé par Marthe Moumié et dont les rapports ont été broyés entre temps.


Cette dernière s’est trouvée obligé de se séparer de ce dernier. La séparation a été consommée pendant une période. C’est ainsi que dans la nuit du 06 au 07 janvier dernier, Mr X a réussi à s’introduire dans le domicile, fouillant sérieusement le domicile qu’il connaissait mieux. Semble t-il dans son sommeil, Marthe Moumié sentit une présence dans sa chambre.
Personne ne peut au jour d’aujourd’hui dire ce qui s’était passé avec exactitude, ce qui est vrai c’est que la fillette est partie ce matin du 07 janvier dernier croyant que celle qu’elle appelait « Mboombo » dormait encore. Elle cherchait à prendre l’argent pour ses beignets à sa grand-mère comme d’habitude, la porte de sa chambre était fermée.


Elle dit avoir vu ce Mr X portant deux sacs dont elle ignore le contenu, et ce dernier lui a fait comprendre qu’elle ne doit pas réveiller pas sa grand-mère qui dort. Toute cette journée n’a pas été facile pour cette fillette, c’est ainsi qu’elle a fait appel aux voisins, qui ont approché les membres de la famille qui la fréquentait.


L’autorité administrative, saisit de la nouvelle a effectué une descente sur le lieu du crime. Le préfet du département de la Mvila Bernard Marie Mbah en compagnie des forces de maintien de l’ordre a pu accéder à sa chambre en fonçant la porte. La découverte était horrible, Marthe Moumié est sans vie, les yeux crevés, les dents arrachées, la jambe cassée, le corps plein de griffures. Avec l’aide de la population, le corps en début de putréfaction a été conduit dans une morgue de la ville.


Les enquêtes ont été ouvertes par les forces de maintien de l’ordre et se poursuivent, et dont l’issue reste attendue.


Pour mémoire, Marthe Moumié est née le 04 septembre 1931 à 78 ans elle retrouve son époux Félix Roland Moumié mort par assassinat lui aussi en 1960.


Marthe a écrit un livre préfacé de Ahmed Ben Bella dont le titre est « victime du colonialisme français : Félix Moumié mon mari », et grâce à sa petite fille un documentaire sur son défunt mari a été réalisé « L’Afrique sous contrôle ».


La question taraude les esprits des habitants d’Ebolowa, pourquoi cet assassinat ?
Jacques Pierre SEH à Ebolowa  et Oscar Francis EYEZOO; pdt association Welcome Back Cameroon WBC petit fils de la défunte

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La fête des taximen à Yaoundé

Mardi 23 Decembre 2008 - 17:51:5


Avec les fêtes de fin d'année, les taximen font de bons chiffres d'affaires
 
Lundi 22 décembre, il est12 heures. Au carrefour Wardé à Yaoundé, ce n’est pas l’heure de pointe comme on pourrait le croire, mais une foule très importante d’usagers attend les taxis et n’y parvient pas. Tous les taxis qui arrivent à ce niveau sont tous pleins, les usagers pour la plupart sont fatigués, certains attendent depuis 30 minutes voire d’avantage. Un usager est énervé et décide de faire la marche à pied, d’autres patientes espérant trouver une éventuelle occasion capable de les amener à  bon port.
 
Le cas de Warda n’est pas isolé. En effet, en cette veille de fêtes de fin d’année, il est difficile de prendre un taxi à Yaoundé, par tout vous rencontrez des grandes files d’usagers en attente d’une éventuelle occasion pour se déplacer, on dirait que la population de Yaoundé s’est multipliée par 5 voire même par 10. Les embouteillages sont perceptibles dans tous les artères de la capitale. D’Etoudi à la poste centrale, de Mimboman à Mokolo ou de Mvog Mbi à Odja, la situation est la même, le piéton semble être plus rapide que les véhicules, trouver un taxi est devenu un véritable parcours du combattant.
 
Devant cette situation qui semble arranger les taximen et les motos taxi, les prix du transport urbain sont passés du simple au double voire au triple, les trajets de 100 f ne font plus parti du vocabulaire de ces transporteurs et ceci à la grande désolation des populations qui, de façon unanimes disent attendre les taximen en janvier qui constitue leur mois de galère, car disent ils sans cesse « chacun à son tour chez le coiffeur. »

LA DIPLOMATIE MONDIALE

Vendredi 5 Decembre 2008 - 19:56:26


LA DIPLOMATIE MONDIALE EST-ELLE EN CRISE DE LANGAGE

 

 

 

Dans plusieurs aires culturelles de par le monde, en l’occurrence : les Etats les zones frontalières et tribales, naissent au jour le jour les groupes d’individus armés .Ces groupes voient le jour pour des raisons telles que :l’absence de la démocratie et  des libertés,le mauvais partage des richesses,un clan au service d’une puissance Etrangère …D’autres raisons encore rendent la naissance effective de ces groupes armés ..Ainsi on a  par exemple :les farc en Colombie,les groupes basques ,tchadiens,somaliens ,afghans ,du delta du NIGERIA et récemment les « freedoms fighter qui opèrent dans les eaux territoriales de bakassi.

Ces mouvements ou groupes, veulent tous rétablir l’équilibre social, parler au nom de leurs populations, devenir leur porte parole.

 

 

RESOLUTION DES CONFLITS PAR LA DIPLOMATIE MONDIALE

 

Dans la recherche de l’équilibre social, ces groupes dans la quasi-totalité utilisent les méthodes les plus inhumaines pour se faire entendre tant au plan national qu’international .les Etats Africains, Asiatique, AMERICAINS

Victimes de ces cas de conflits, de concert avec la communauté internationale ont essayé depuis des dizaines d’années aujourd’hui  à résoudre ces conflits au moyens de dialogue, et de la recherche du bien être de tous comme cet accord de paix historique signé en janvier 2005 entre le Générale  Omar EL BECHIR  avec le chef  des rebelles JOHN Garang dont évoque le journal : jeune Afrique au n° 2438 du 30 septembre 2007

IL est vrai que la paix n’est pas retrouvée partout dans le monde, mais les efforts conjoints des Etats et de la communauté internationale ont permis aussi d’identifier ces groupes de par le monde et chercher, les armes appropriées pour résoudre chaque cas. Cependant,avec l’évolution du monde ,la transformation de celui-ci en village planétaire,d’autres groupes armés plus puissants et dynamiques que les premiers ont vu le jour dans beaucoup d’Etats Africains et hors d’Afrique .leurs actions s’étendent largement au-delà des frontières de ces Etats tant au niveau terrestre que maritime .les mobiles ou les raisons qui sous-tendent ces groupes d’individus mieux organisés restent en grande partie ignorées par les Etats aussi bien que par la communauté internationale qui a changé de langage dès lors qu’il s’agit de résoudre les cas de kipnapings et autres que ces rebelles occasionnent dans le monde.

Le langage approximatif des états et de la communauté

Les groupes d’individus armés qui agissent au niveau terrestre et maritime :Mer rouge golfe d’Aden , sont spécialisés dans le dépôt des bombes ,les violes, le kipnaping et assassinats des populations locales et étrangères .ces groupes qui agissent hors de leurs frontières ,en absence de véritables raisons pour justifier leur conduite voudrait selon un certain nombre de critique s’enrichire au dos des populations ,mais auraient aussi une intention réelle d’agir sur la diplomatie internationale à en croire les médias internationaux qui condamnent ces pratiques :le cas du pétrolier Saoudien en est une parfaite illustration .

Ainsi aujourd’hui on constate que le langage diplomatique en ce qui concerne la libérations des otages se résume tout simplement à : «  Zéro rançon. ». Ce langage est employé par la quasi-totalité des Etats du monde dont les citoyens ont été arrêtés ou leurs avoirs,  nous avons en mémoire la libération de la franco colombienne,INGRID Betancourt, des journalistes Français (georges malbruno et christan shenut  et Italien, les employés humanitaires et récemment au Cameroun avec les otages arrêtés par les Freedoms Fighters .Les dirigeants de ses différents pays ont à chaque fois tenté de montrer à la communauté nationale et internationale qu’aucune rançon n’a été versée pour sortir ces personnes de ces situations de crise.

Pouvons- nous donner du crédit à ce langage ?que non pour plusieurs raisons .Déjà ,il y a à noter, que se sont des groupes pauvres financièrement .la prise d’otage surtout les étrangers leur permettrait d’avoir de l’argent pour mieux entretenir leurs hommes et surtout s’armer de nouveau .l’arrestation par exemple des journalistes,du personnels humanitaire s’expliquerait en grande par cette cause,car les journalistes, le personnel humanitaire ,les employers ne seront jamais un écueil :soit à la démocratie,ou même à la répartition des richesses d’un pays , si leurs mobiles rejoignent ceux des premiers groupes ci –dessus .Ainsi les arrêter alors qu’ils enquêtent sur votre façon, de vivre ,vous distribuez de quoi manger est un moyen de rançonner l’état qui les envoie ,ou les ONG .A cet effet il serait impossible que cette libération se passe sans contre partie . Bien plus les Etats veulent aujourd’hui faire croire à l’opinion nationale et internationale, que leur langage est crédible ce qui s’avère faux dans le strict cadre Africain, car la coutume commande que les palabres se passent autour d’une table où les négociateurs vont à découvert prendre un verre et par la bien discuter. Ce pendant en évoquant la table, pouvons nous éviter d’évoquer les dessous de table ?officieuses mais qui traduiraient le vrai comportement des uns et des autres.

EN fin les groupes armés, comme il apparaît ci-dessus sont constitués d’individus d’une cruauté extrême .Ainsi arrêtés les étrangers pour les libérer plus tard grâce aux leçons de morale qu’on leur a  inculqué pendant moins de deux heures sans contre partie serait inimaginables.

En somme, il ressort que le langage diplomatique en ce qui concerne la libération des otages est un langage manipulé par les groupes d’individus spécialisés dans la prise des otages .toute fois l’Etat étant très puissant plus que les petits groupes de rebelles qui naissent de par le monde, choisit délibérément d’utiliser un langage qu’il juge approprié pour une situation précise, car la diplomatie commande comme on le voit la prudence, un langage diplomatique.

 

                                                                                           Obama abanda luc

ONU GENEVE

Mardi 2 Decembre 2008 - 15:40:54


 

ABDELHAMID EL JAMRI, PRESIDENT DU COMITE DES NATIONS UNIES SUR LA PROTECTION DES DROITS DES MIGRANTS  RECU A GENEVE, LA COMMISSION DES MIGRATIONS, REFUGIES ET POPULATIONS DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE

 

Le Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille a tenu, cet après-midi, un dialogue avec des membres de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi qu’avec un spécialiste des migrations de l’Organisation internationale du travail (OIT).

M. Abdelhamid El Jamri a présenté les travaux du Comité, qu’il préside, M. Mevlut çavusoglu présentant quant à lui ceux de la Commission susmentionnée, dont il préside le sous-comité des migrations. Le représentant de l’OIT s’est pour sa part attaché à rappeler le contexte actuel des migrations ainsi qu’un certain nombre de normes de droit international applicables à tous les travailleurs migrants.

Faisant observer que quatre pays membres du Conseil de l’Europe – la Turquie, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie et l’Azerbaïdjan – font partie des 39 États ayant ratifié la Convention à ce jour, M. El Jamri a indiqué attendre de la présente discussion qu’elle permette d’engager un partenariat avec le Conseil de l’Europe s’agissant de toutes les questions ayant trait aux droits des migrants.

La discussion de cet après-midi s’est concentrée sur les perspectives d’application de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille dans les États membres du Conseil de l’Europe.


Le Comité rencontrera demain matin, à 10 heures, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Mme Navanethem Pillay.


Aperçu de la discussion

Le Président du Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, M. Abdelhamid El Jamri, a rappelé que le Comité a été mis en place en 2004 suite à l’entrée en vigueur, l’année précédente, de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Le Comité est composé de dix membres élus qui sont des experts autonomes provenant d’États ayant ratifié la Convention. Le Comité est en charge de veiller à la promotion de la Convention et au respect de ses dispositions. Il examine les rapports qui lui sont présentés par les États parties à la Convention, dont le nombre est actuellement de 39, a précisé M. El Jamri. Il a souligné que le Comité a un partenariat naturel avec d’autres institutions internationales comme l’Organisation internationale du travail (OIT) ou l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Les membres du Comité participent également à un certain nombre de réunions et colloques tenus à travers le monde concernant les questions qui intéressent les migrations et les travailleurs migrants, a poursuivi M. El Jamri. Aucun « État du Nord », c’est-à-dire aucun des pays industrialisés accueillant généralement la main-d’œuvre étrangère, ne figure parmi les 39 pays qui ont à ce jour ratifié la Convention, a fait observer le Président du Comité. Il apparaît que les migrants, à travers le monde, font face à des difficultés s’agissant du respect de leurs droits, dont certains touchent à leur intégrité physique, a indiqué M. El Jamri.

Faisant observer que quatre pays membres du Conseil de l’Europe – la Turquie, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie et l’Azerbaïdjan – font partie des États ayant ratifié la Convention à ce jour, M. El Jamri a indiqué attendre de la présente discussion qu’elle permette d’engager un partenariat avec le Conseil de l’Europe s’agissant de toutes les questions ayant trait aux droits des migrants.

M. Mevlut çavusoglu, Président du sous-comité des migrations de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a indiqué que la Commission des migrations, des réfugiés et de la population est composée de 84 membres provenant des parlements nationaux des 47 États membres du Conseil de l’Europe. Cette Commission possède trois sous-comités traitant distinctement de chacune des trois questions que constituent les migrations, les réfugiés et la population. Son mandat englobe également le droit humanitaire et les questions humanitaires, y compris la question des personnes portées disparues, a précisé M. çavusoglu. Cette Commission travaille en étroite coopération avec diverses organisations européennes et internationales, ainsi qu’avec les organisations non gouvernementales (ONG), a-t-il poursuivi. Elle a également des contacts avec les parlements nationaux et avec le Parlement européen. La Commission présente des rapports et émet des avis sur différents sujets, au nombre desquels la détention des requérants d’asile et des migrants en situation irrégulière en Europe ; l’amélioration de la qualité et de la pertinence des décisions prises dans les États membres du Conseil de l’Europe ; ou encore les droits de l'homme et les préoccupations démocratiques sous l’angle de l’intégration des migrants.

Les trois principales priorités de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population - basées sur la Déclaration et le Plan d’action adoptés à Varsovie en mai 2005 lors du troisième Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe – sont le renforcement des droits des migrants, des réfugiés, des requérants d’asile et des personnes déplacées ; la promotion du dialogue interculturel, de la tolérance et de l’intégration des communautés migrantes dans les sociétés d’accueil ; ainsi que la gestion des migrations, régulières ou non.

M. çavusoglu a par ailleurs souligné que le Conseil de l’Europe s’est doté d’un certain nombre d’instruments juridiques, au nombre desquels figure la Convention européenne de 1977 relative au statut juridique du travailleur migrant, ratifiée à ce jour par onze pays, à savoir l’Albanie, la France, l’Italie, le Moldova, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Espagne, la Suède, la Turquie et l’Ukraine. Toutefois, a souligné M. çavusoglu, cette Convention ne s’applique qu’aux seuls travailleurs migrants qui sont ressortissants de l’un des États membres du Conseil de l’Europe et qui sont autorisés à travailler sur le territoire d’un autre État membre du Conseil ; ainsi, les migrants irréguliers ne sont-ils pas protégés par cet instrument. M. çavusoglu a précisé qu’un comité consultatif est chargé d’examiner périodiquement les rapports soumis par les parties contractantes concernant leur mise en œuvre de cette Convention. Il a également attiré l’attention sur l’important instrument que constitue la Charte sociale européenne révisée du Conseil de l’Europe, à ce jour ratifiée par 39 États membres. L’article 19 de cette Charte traite des droits des travailleurs migrants qui sont ressortissants de l’une des parties à la Charte et des membres de leur famille. La Charte contient une disposition sur la non-discrimination, a souligné M. çavusoglu. Il a par ailleurs rappelé que l’article premier de la Convention européenne des droits de l'homme stipule que les États membres sont engagés à respecter et protéger les droits civils et politiques de quiconque se trouve sous leur juridiction, ce qui comprend donc les travailleurs migrants et les membres de leur famille, qu’ils se trouvent ou non en situation régulière.

De plus en plus de preuves existent qui attestent qu’aujourd’hui, de nombreuses agences d’emploi temporaire que l’on pourrait qualifier de « voyous » pratiquent des méthodes totalement inacceptables par lesquelles elles embauchent des travailleurs originaires de pays à forts taux de chômage et à faibles salaires en leur faisant accepter des salaires inférieurs à ceux dont bénéficient la main-d’œuvre locale, de sorte que ces travailleurs sont exposés à des conditions de travail qui ne seraient jamais proposées aux syndicaux locaux – et encore moins acceptées par eux, a déclaré M. çavusoglu. Il a enfin invité les membres du Comité à assister à toutes les futures réunions de la Commission, précisant que la prochaine se tiendrait aux îles Canaries (Espagne), les 11 et 12 décembre prochain, pour se concentrer sur les questions liées à l’arrivée de « boat people ».

M. PATRICK TARAN, spécialiste des migrations à l’Organisation internationale du travail (OIT), a souligné que souvent, les lois et leur pratique sont le reflet du contexte dans lequel elles s’inscrivent.. Cela est particulièrement vrai en matière de migration, a-t-il ajouté. La mobilité humaine, à l’échelle internationale, est devenue un élément essentiel pour répondre aux défis qui se posent en termes économiques et en matière de main-d’œuvre et de productivité dans une économie globalisée, a-t-il précisé. Les migrations servent d’outil d’ajustement sur les marchés du travail, tant du point des compétences et de l’âge de la main-d’œuvre que du point de vue de la composition sectorielle des marchés nationaux et régionaux.

L’OIT estime qu’environ 95 millions des près de 200 millions de personnes qui vivent en dehors de leur pays de naissance ou de citoyenneté sont économiquement actives, c’est-à-dire engagées dans le monde du travail, a poursuivi M. Taran. Dans les pays d’Europe occidentale, a-t-il précisé, la proportion de personnes nées à l’étranger dans la main-d’œuvre totale n’est jamais inférieure à 10% ; elle atteint même 15% en Irlande voire 40% au Luxembourg. D’après les projections actuelles, la population de l’Italie sera, en 2050, inférieure de 25% à ce qu’elle était en 2000 ; quant à la population de l’Ukraine, elle reviendra, en 2025, au niveau qui était le sien en 1900, a ajouté M. Taran. Les taux de fécondité dans la plupart des pays de l’Union européenne ne sont plus en mesure d’assurer le remplacement des générations, ou ne le seront bientôt plus, la France étant l’une des rares exceptions en la matière, a-t-il insisté. Selon les projections actuelles, a-t-il précisé, alors que la dépendance en termes de sécurité sociale se situe actuellement en moyenne à deux personnes retraitées pour sept personnes économiquement actives, ce ratio passera à quatre pour sept d’ici 2050. Dans ce contexte, la prévention de l’exploitation et la promotion de l’égalité de traitement constituent des éléments essentiels pour asseoir la prospérité, la cohésion sociale et la gouvernance démocratique des sociétés, a souligné M. Taran. L’expérience historique montre que la réglementation assurant la protection des travailleurs migrants ne saurait être laissée aux seuls mécanismes du marché, a-t-il déclaré. De plus en plus, l’une des caractéristiques essentielles des sociétés occidentales réside dans la tension entre des travailleurs hautement qualifiés et bien payés et une main-d’œuvre flexible et bon marché, a-t-il ajouté. Aux Etats-Unis, a-t-il insisté, la main-d’œuvre qualifiée de bon marché représente 37% de la main-d’œuvre totale ; ce taux est de 43% en Allemagne et de 34% en Suède, selon le Financial Times.

Le manque d’options disponibles pour les migrations légales nourrit les canaux de migration irrégulière qui deviennent ainsi la seule alternative face aux pressions migratoires, a poursuivi M. Taran. Il a en outre attiré l’attention sur le fait que les recherches menées par l’OIT montrent que l’existence de canaux de migration légale pour le travail contribue à réduire le trafic d’enfants, de femmes et de migrants. Les migrants sont davantage en mesure de contribuer au développement des économies des pays d’origine et des pays d’accueil lorsque leurs droits fondamentaux, y compris le droit du travail, sont protégés et respectés, a par ailleurs souligné M. Taran.

M. Taran a fait part d’un certain nombre de notions fondamentales qui caractérisent les protections accordées aux travailleurs migrants et aux membres de leur famille dans le droit international existant. La première a trait à l’égalité de traitement qui doit prévaloir, dans le domaine de l’emploi et du travail, entre travailleurs migrants et travailleurs nationaux. Une autre porte sur le fait que les droits de l’homme universels fondamentaux s’appliquent à tous les migrants, quels que soient leur situation ou leur statut, ce qui est en particulier établi par la Convention n°143 de l’OIT sur les travailleurs migrants (dispositions complémentaires, 1975). Cette Convention compose, avec la Convention n°97 de l’OIT sur les travailleurs migrants (1949) et la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, une véritable « charte des migrations », a souligné M. Taran. En 2004, a-t-il ajouté, en adoptant une approche globale afin d’analyser les défis associés aux migrations contemporaines pour le travail et en établissant un Plan d’action global sur les travailleurs migrants, la Conférence internationale du travail avait reconnu l’urgente nécessité d’un cadre politique global. L’objectif du cadre multilatéral non contraignant ainsi défini est de fournir aux gouvernements et aux organisations d’employeurs et de travailleurs une orientation pratique en matière d’élaboration, de renforcement, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques mises en place aux niveaux national et international en matière de migrations liées au travail. Ce cadre multilatéral de l’OIT constitue le seul recueil complet de principes et de directives sur la politique et la gestion migratoires qui soit solidement basé sur les instruments internationaux et les meilleures pratiques – et donc basé sur les droits, a conclu M. Taran.

Chacun s’accorde pour dire que les migrations jouent un rôle important pour le développement tant des pays d’accueil que des pays d’origine, a-t-il été souligné durant la discussion qui a suivi ces trois présentations.

La question a été soulevée de la raison pour laquelle les pays membres du Conseil de l’Europe rechignent tant à ratifier la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Quels sont les obstacles majeurs à une telle ratification par ces pays, alors même qu’ils vont devoir, du fait notamment du vieillissement de leur population, faire appel à une main-d’œuvre étrangère accrue ?

Un parlementaire croate ayant pris part à la discussion s’est engagé à agir auprès de son gouvernement afin que son pays ratifie la Convention.

Un intervenant s’est enquis de ce que recouvrait, du point de vue du Comité, la notion de famille. La conception de la famille retenue par le Comité lorsqu’il examine la mise en œuvre de la Convention dans un pays donné se réfère à la conception en vigueur dans le pays concerné, qu’il s’agisse de mariage, de PACS ou de toute autre union reconnue légalement comme constituant une famille, a précisé le Président du Comité, M. El Jamri.

M. El Jamri a par ailleurs souligné que l’argument qu’opposent certains pour expliquer leur non-ratification de la Convention en affirmant qu’ils veulent garder le contrôle de leur politique migratoire ne tient pas. En effet, il est clair que la détermination de la politique migratoire d’un État ne relève pas de la Convention ; cette politique est effectivement décidée par chaque pays. Ce que demande en revanche le Comité, c’est que les politiques migratoires qui ont été décidées respectent les dispositions de la Convention.

Au regard de ce qui s’est passé au cours de la décennie écoulée, les migrants sont en train de perdre leurs droits, s’est inquiété un intervenant, membre du Comité. Les migrants en situation irrégulière voient leurs droits fondamentaux violés, même dans les États membres de l’Union européenne ; ils ne peuvent pas toujours fonder une famille, sont victimes de discrimination et n’ont pas droit à la sécurité sociale, a-t-il souligné.

Chacun est d’accord pour « aller vers plus de droits en faveur des migrants » et pour promouvoir une ratification accrue de la Convention, a conclu le Président du Comité, M. El Jamri, à l’issue de la discussion.


source Welcome Back Cameroon (WBC

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